28th European regime: legal revolution or operational illusion for entrepreneurs?

28 ème régime
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L’Union européenne a récemment annoncé la création d’un “28e régime juridique”, visant à simplifier la création et la gestion des entreprises à l’échelle européenne. Présenté comme un levier de compétitivité face aux États-Unis, ce nouveau cadre ambitionne de réduire la fragmentation juridique entre les 27 États membres.

Cependant, derrière cette annonce ambitieuse, une question fondamentale se pose :

Ce régime constitue-t-il une véritable révolution opérationnelle pour les entrepreneurs, ou un cadre encore immature face aux réalités administratives nationales ?

Cet article propose une analyse stratégique et juridique approfondie du 28e régime, en s’appuyant exclusivement sur les orientations institutionnelles de l’Union européenne.


Le 28e régime : un cadre juridique européen unifié

Le projet porté par la Commission européenne vise à introduire une forme juridique optionnelle, distincte des 27 régimes nationaux existants.

Objectifs officiels

Selon les communications européennes, ce régime vise à :

  • simplifier la création d’entreprise (coût réduit, procédure accélérée)
  • permettre une opération transfrontalière fluide
  • réduire les coûts juridiques et administratifs
  • renforcer l’attractivité de l’UE face aux États-Unis

L’ambition est claire : Créer un marché unique des entreprises, à l’image du marché unique des biens et services.

Une clarification essentielle : pas un régime fiscal

Contrairement à certaines interprétations médiatiques, le 28e régime :

  • N’harmonise pas la fiscalité
  • Ne modifie pas l’impôt sur les sociétés
  • Ne permet pas d’arbitrage fiscal direct

Position officielle de l’UE

La Commission insiste sur un point fondamental : la fiscalité reste une compétence des États membres

Ainsi :

  • l’impôt sur les sociétés dépend toujours de la résidence fiscale réelle
  • les règles de prix de transfert, établissement stable et substance économique restent applicables

Le vrai sujet : la dissociation entre droit et pratique

Sur le papier, le 28e régime apporte une simplification. Dans la réalité, une question majeure subsiste :

Les administrations nationales sont-elles prêtes ?

Problème structurel

L’Union européenne n’est pas un État fédéral :

  • chaque pays conserve :
    • son administration fiscale
    • son registre du commerce
    • ses pratiques juridiques

Résultat : un cadre unique… appliqué par 27 systèmes différents

Cas pratique : les risques d’interprétation nationale

Prenons un exemple concret avec le Portugal, cette exemple peut être appliqué pour la France.

Risques identifiés

  • interprétation conservatrice des nouvelles structures
  • lenteur administrative
  • incertitudes sur :
    • immatriculation
    • obligations fiscales
    • traitement comptable

In practice :

  • délais allongés
  • demandes documentaires supplémentaires
  • risque de requalification

Le point critique : les conflits juridiques

L’un des angles morts majeurs du 28e régime concerne la gestion des litiges.

Questions ouvertes

  • Quelle juridiction est compétente ?
  • Quel droit s’applique en cas de conflit ?
  • Comment arbitrer entre droit européen et droit national ?

Risques pour les entreprises

  • incertitude juridique
  • lenteur des procédures
  • manque de jurisprudence

Contrairement aux États-Unis, il n’existe pas encore :

  • de tribunal corporate européen spécialisé
  • de doctrine consolidée
  • d’historique décisionnel

Comparaison avec le modèle américain

Le modèle américain repose sur :

  • une articulation claire entre droit fédéral et droit des États
  • une jurisprudence abondante
  • une forte prévisibilité juridique

Exemple clé

Le Delaware s’est imposé comme standard mondial grâce à :

  • une justice spécialisée
  • des décisions rapides
  • une sécurité juridique élevée

L’Union européenne tente de reproduire ce modèle, mais sans disposer encore de l’infrastructure institutionnelle équivalente.

L’objectif réel de l’UE : un compromis politique

Le 28e régime ne vise pas à remplacer les États.

Il vise à :

  • simplifier la structure juridique
  • sans remettre en cause :
    • la fiscalité
    • le droit social
    • la souveraineté économique

Traduction stratégique

  • ✔️ simplification du cadre
  • ❌ pas de transfert de pouvoir

Les limites opérationnelles pour les entrepreneurs

Court terme (0–5 ans)

  • incertitude administrative
  • faible adoption
  • prudence des experts-comptables

Moyen terme (5–10 ans)

  • premières jurisprudences
  • stabilisation progressive
  • adoption partielle

Long terme

  • possible standardisation
  • mais dépendante de la volonté politique

Impact réel pour les entrepreneurs et scale-ups

Pour les petits entrepreneurs

Risque majeur :

  • mauvaise compréhension
  • croyance en une optimisation fiscale
  • exposition à des redressements

Pour les scale-ups

Enjeux différents :

  • sécurité juridique
  • attractivité investisseurs
  • fluidité des levées

Réalité actuelle

  • les investisseurs privilégient :
    • les structures éprouvées
    • les juridictions prévisibles

Le 28e régime souffre aujourd’hui de :

  • manque de recul
  • manque de confiance
  • manque de standardisation

Conclusion

Le 28e régime européen est une initiative ambitieuse, nécessaire et cohérente avec la volonté de renforcer le marché unique.

Cependant : le principal obstacle n’est pas juridique, mais institutionnel

Synthèse

✔️ Points forts

  • simplification potentielle
  • vision stratégique européenne
  • réduction des coûts de création

❌ Points faibles

  • absence de jurisprudence
  • manque de préparation des administrations
  • incertitude en cas de litige

Le 28e régime ne doit pas être analysé comme un outil fiscal, ni comme une solution immédiate pour structurer une entreprise à forte croissance. Il s’agit d’un projet structurant à long terme.

Mais aujourd’hui : une entreprise ne vit pas dans un texte de loi elle vit dans une administration, un tribunal et un système fiscal et sur ces trois piliers, l’Union européenne reste encore en phase de construction.

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