Créer une entreprise à l’étranger attire de plus en plus d’entrepreneurs français. Fiscalité jugée lourde, instabilité réglementaire, envie de développer une activité internationale : les motivations sont nombreuses.
Mais une question revient systématiquement : un Français peut-il réellement créer une entreprise à l’étranger de manière légale ?
La réponse est oui, mais sous certaines conditions. Créer une société hors de France ne signifie ni contourner la loi, ni échapper automatiquement à l’impôt français. Mal préparée, cette démarche peut au contraire exposer l’entrepreneur à des redressements fiscaux coûteux.
Cet article a pour objectif de poser un cadre clair, juridique et réaliste, et d’expliquer dans quels pays – notamment le Portugal, le Royaume-Uni et les États-Unis – cette démarche peut être pertinente, à condition d’être correctement structurée.
Un Français peut-il légalement créer une entreprise à l’étranger ?
Sur le plan juridique, rien n’interdit à un citoyen français de créer une entreprise à l’étranger.
Au sein de l’Union européenne, le principe de liberté d’établissement permet à toute personne de créer une société dans un autre État membre. En dehors de l’UE, de nombreux pays autorisent également les non-résidents à constituer des structures juridiques, sous réserve de respecter leurs règles locales.
Créer une société à l’étranger est donc parfaitement légal.
En revanche, là où les erreurs commencent, c’est lorsque cette création est confondue avec une stratégie fiscale personnelle. La création juridique d’une entreprise et la fiscalité de son dirigeant sont deux sujets distincts, souvent mal compris.
Créer une entreprise à l’étranger ne signifie pas quitter le fisc français
C’est le point le plus sensible et le plus ignoré.
Créer une société à l’étranger n’efface pas automatiquement les obligations fiscales françaises. L’administration fiscale s’intéresse avant tout à la réalité économique et à la situation personnelle du dirigeant.
Plusieurs notions sont déterminantes :
- La résidence fiscale personnelle : si vous vivez fiscalement en France, vos revenus mondiaux peuvent rester imposables en France.
- La direction effective de l’entreprise : si les décisions sont prises depuis la France, l’administration peut considérer que la société est en réalité dirigée depuis le territoire français.
- L’établissement stable : une activité exercée de manière significative depuis la France peut entraîner une requalification.
Dans ces situations, une société étrangère peut être requalifiée fiscalement en société française, avec à la clé :
- rappels d’impôts,
- pénalités,
- intérêts de retard,
- voire sanctions plus lourdes en cas de montage jugé abusif.
C’est précisément pour cette raison qu’une création d’entreprise à l’étranger doit toujours être pensée dans un cadre global, et non comme une simple formalité administrative.
Dans quels cas créer une entreprise à l’étranger a réellement du sens ?
Créer une société hors de France n’est ni une solution universelle, ni une recette miracle. En revanche, dans certains contextes, cela peut être parfaitement cohérent.
Les situations les plus fréquentes sont :
- Expatriation réelle ou projet d’expatriation structuré
- Activité tournée vers des clients internationaux
- Développement d’un marché local à l’étranger
- Volonté de structurer une activité dans un cadre juridique plus adapté
- Besoin de crédibilité internationale (clients, partenaires, investisseurs)
À l’inverse, créer une entreprise à l’étranger tout en vivant, travaillant et décidant depuis la France est souvent une mauvaise idée, voire un risque sérieux.
Créer une LDA au Portugal : pour quels profils ?
Le Portugal attire de nombreux entrepreneurs français, notamment pour sa stabilité, son environnement économique et sa proximité culturelle.
La structure la plus courante est la LDA, équivalent portugais de la SARL.
Créer une entreprise au Portugal peut être pertinent si :
- une partie de l’activité est réellement exercée sur place,
- le dirigeant s’y installe ou y passe une partie significative de son temps,
- la société dispose d’une substance réelle (compte bancaire, prestataires, clients, organisation).
Le Portugal n’est pas une solution « clé en main » d’optimisation fiscale, mais un pays cohérent pour développer une activité réelle, dans un cadre européen stable.
Pour les projets sérieux, un accompagnement est indispensable afin d’aligner la structure juridique, la fiscalité et la situation personnelle du dirigeant.
Créer une LTD au Royaume-Uni : opportunités et limites
La LTD britannique reste populaire auprès des entrepreneurs français, en raison de sa simplicité de création et de son image internationale.
Elle peut être pertinente pour :
- une activité digitale ou internationale,
- des clients situés hors de France,
- des entrepreneurs recherchant une structure souple.
Cependant, le Royaume-Uni n’est pas un paradis fiscal.
La notion de direction effective est centrale : une LTD gérée depuis la France peut rapidement poser problème sur le plan fiscal.
La LTD doit être intégrée dans une stratégie globale cohérente, et non utilisée comme un simple écran juridique.
Créer une LLC aux États-Unis : quand est-ce pertinent ?
La LLC américaine attire de nombreux entrepreneurs pour sa flexibilité et son accès au marché nord-américain.
Elle peut être adaptée si :
- l’activité vise des clients internationaux,
- des outils, partenaires ou plateformes US sont utilisés,
- une structure simple et flexible est recherchée.
En revanche, une LLC implique :
- des obligations déclaratives spécifiques,
- une compréhension précise des règles fiscales internationales,
- une coordination avec la situation fiscale personnelle du dirigeant.
Là encore, la LLC n’est pas une solution miracle, mais un outil juridique efficace lorsqu’il est bien utilisé.
Les erreurs les plus fréquentes des entrepreneurs français
Certaines erreurs reviennent systématiquement :
- Créer une société à l’étranger sans analyser sa résidence fiscale
- Copier un montage vu sur YouTube ou les réseaux sociaux
- Confondre optimisation légale et dissimulation
- Penser qu’un compte bancaire étranger suffit à être « hors radar »
- Lancer une structure sans vision à moyen terme
Ces erreurs coûtent souvent bien plus cher que le coût d’un accompagnement initial.
Se faire accompagner avant de créer une entreprise à l’étranger
Créer une entreprise à l’étranger est légal, possible et parfois pertinent, mais uniquement lorsqu’elle est pensée dans un cadre sérieux, cohérent et documenté.
Un accompagnement professionnel permet :
- d’éviter les requalifications fiscales,
- de sécuriser la structure dès le départ,
- d’adapter le pays et la forme juridique à la réalité du projet,
- de gagner du temps et de la visibilité à long terme.
Si votre objectif est de créer une entreprise au Portugal, au Royaume-Uni ou aux États-Unis dans un cadre clair et conforme, un échange préalable permet de poser les bases solides du projet.